Paris-Varennes en Argonne : Retour sur l’itinéraire de la fuite de Louis XVI en 1791
Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, le roi Louis XVI quitte discrètement le palais des Tuileries avec sa famille. Son objectif est de rejoindre une place forte fidèle à la monarchie près de la frontière de l’Est. Cette tentative de fuite, connue sous le nom de « fuite à Varennes », marque un tournant majeur de la Révolution française.
Mais quel itinéraire le roi a-t-il réellement emprunté ? Quelles furent les principales étapes de ce voyage qui devait sauver la monarchie et qui précipita finalement sa chute ?
Pourquoi Louis XVI quitte Paris ?
Depuis les événements d’octobre 1789, Louis XVI et sa famille résident aux Tuileries sous la surveillance étroite des révolutionnaires. Le roi espère rejoindre la place forte de Montmédy, dans l’actuel département de la Meuse, où plusieurs milliers de soldats commandés par le marquis de Bouillé lui sont restés fidèles. De là, il envisage de reprendre le contrôle de la situation politique. Pour atteindre Montmédy, un itinéraire soigneusement préparé est mis en place à travers l’est du royaume.

Première étape : la fuite des Tuileries
Le départ a lieu dans la soirée du 20 juin 1791. La famille royale quitte séparément le palais des Tuileries afin d’éviter d’attirer l’attention. Les différents membres se retrouvent ensuite à l’extérieur de Paris avant de prendre place dans une grande berline spécialement préparée pour le voyage. Cette première phase se déroule sans incident majeur, malgré plusieurs retards qui pèseront lourdement sur la suite des événements.

Meaux : la première grande étape
Après avoir quitté Paris, la berline royale prend la direction de l’est et atteint Meaux. La ville constitue l’un des premiers relais importants du voyage. Les chevaux y sont remplacés afin de poursuivre la route vers la Champagne. Le retard accumulé commence toutefois à inquiéter les organisateurs de l’opération.

Châlons-sur-Marne : la route vers la frontière
L’itinéraire se poursuit ensuite vers Châlons-sur-Marne (aujourd’hui Châlons-en-Champagne). À ce stade du voyage, la famille royale a déjà parcouru plus de 170 kilomètres depuis Paris. Malgré quelques soupçons, personne ne parvient encore à identifier avec certitude les voyageurs. Le convoi continue sa progression vers Sainte-Menehould puis Verdun.

Sainte-Menehould : le roi est reconnu
C’est à Sainte-Menehould que survient l’un des épisodes les plus célèbres de l’affaire. Le maître de poste Jean-Baptiste Drouet croit reconnaître Louis XVI. Selon la tradition, il l’aurait identifié grâce à son portrait figurant sur les assignats. Alerté, Drouet décide de poursuivre la berline afin d’avertir les autorités de Varennes. Cette reconnaissance va sceller le destin de l’expédition.
Varennes-en-Argonne : l’arrestation
Dans la nuit du 21 juin 1791, la famille royale arrive à Varennes-en-Argonne. Mais les habitants et les autorités locales, prévenus par Drouet, bloquent le passage de la berline. Après plusieurs heures de confusion, Louis XVI est officiellement reconnu. La famille royale est contrainte de renoncer à poursuivre sa route vers Montmédy. Le voyage s’achève à seulement quelques dizaines de kilomètres de la zone où les troupes royalistes auraient pu lui porter secours.

Le retour vers Paris
Le 22 juin, la famille royale reprend la route dans le sens inverse.Le retour à Paris se déroule sous escorte et sous le regard d’une population souvent hostile. Le 25 juin 1791, Louis XVI fait son entrée dans la capitale dans un silence glacial. La confiance entre le roi et la nation est définitivement rompue.
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