L’autoroute A10 longe un itinéraire de Saint-Jacques-de-Compostelle
Résumé
L’autoroute A10, la plus longue autoroute de France avec environ 543 km, reprend partiellement l’itinéraire historique emprunté par les pèlerins du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle entre Paris et le sud-ouest de la France.
Saviez-vous que l’autoroute A10, reliant Paris et Bordeaux, emprunte le tracé de l’un des principaux chemins européens de Saint-Jacques de Compostelle ? Figurant aussi parmi les plus empruntées de France, son tracé cache une longue histoire, liée à la religion mais aussi des guerres qui ont éclatées en France depuis le XVIIème siècle et, au découpage administratif et à l’aménagement du territoire français.
La Via Turonensis, l’un des principaux chemins de Compostelle de France depuis le IXème siècle
D’après mes recherches à partir de ma collection de cartes géographiques et le site MonGR, de la Fédération Française de Randonnée Pédestre (FFRandonnée), qui l’entretient aujourd’hui, la Via Turonensis aurait été aménagée à partir du IXème siècle. Très empruntée dès sa mise en service, ce chemin, dont le tracé est resté inchangé jusqu’à aujourd’hui, traverse la France du nord au sud. Le point de départ de la Via Turonensis est la tour Saint-Jacques, située dans le 1er arrondissement de Paris. Elle quitte ensuite Paris par le sud et ses principales dessertes sont Orléans, Blois, Tours, Poitiers, Melle, Aulnay, Saintes, Bordeaux, avant de traverser la forêt des Landes et de rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port.
Longue de plus de 1 000 kilomètres, la Via Turonensis emprunte l’un des couloirs historiques qui ralliait le royaume de France aux Pyrénées, alors sous domination espagnole au IXème siècle.
Un couloir très emprunté pour relier les principales villes du sud-ouest de la France
Paris, Orléans, Blois, Tours, Poitiers, Bordeaux… Toutes ces villes sont des préfectures (voire des capitales pour deux d’entre elles) desservies par la Via Turonensis. Ainsi, lors des différents découpages du territoire français au fil des siècles (dont le plus ancien est attesté en 1665 par l’oeuvre du seigneur d’Argenson, et le plus récent datant de 2021 avec le départementalisation de Mayotte), le tracé de la Via Turonensis était l’un des principaux axes de communication pour atteindre ces différentes villes depuis les campagnes.
L’autoroute A10, la géante française
Mise en service progressivement entre 1972 et 1981, l’autoroute A10 fut aménagée afin de rallier Paris à Bordeaux, neuvième plus grande ville de France, et le Sud-Ouest de la France le plus directement. Son histoire est aussi un petit clin d’oeil à celui de la Via Turonensis car son premier tronçon mis en service fut celui desservant les communes situées au nord de Tours. Vinrent ensuite ceux desservant Poitiers, puis Orléans, puis Les Ulis, et enfin Bordeaux.
L’autoroute A10 tire son numéro de sa proximité, comme bon nombre d’autoroutes, avec une Route Nationale, la RN 10, qui elle-même relie Paris au Sud-Ouest via Bordeaux. Empruntée chaque jour par 55 000 à 70 000 véhicules, notamment pendant les vacances d’été, elle est aujourd’hui l’une des plus fréquentées de France.
Ainsi, lorsque vous la parcourrez prochainement, songez que vous circulez un tracé riche de 1 100 ans d’histoire, dont les traces sont toujours visibles aujourd’hui, en les cathédrales classées au Patrimoine Mondial de l’UNESCO (Orléans, Blois, Poitiers, Angoulême, Bordeaux) et les lieux de pèlerinage (L’Isle-Bouchard, qu’elle dessert
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